À 88 ans, Enrique Macaya Márquez fait toujours ce qu'il aime le plus. Le journaliste argentin a commenté le match d'ouverture de la FIFA World Cup Qatar 2022 — le jour de son anniversaire — portant à 17 le nombre de Coupes du Monde FIFA couvertes consécutivement, un record inégalé parmi les journalistes du monde entier.
Enrique Macaya Márquez établit un record avec 17 Coupes du Monde FIFA consécutives

À 88 ans, Enrique Macaya Márquez fait toujours ce qu'il aime le plus. Le journaliste argentin a commenté le match d'ouverture de la FIFA World Cup Qatar 2022 — le jour de son anniversaire — portant à 17 le nombre de Coupes du Monde FIFA couvertes consécutivement, un record inégalé parmi les journalistes du monde entier.
Son aventure a débuté en 1958, quand un Macaya Márquez âgé de 23 ans a embarqué à Buenos Aires à bord d'un DC-7 à hélices, en direction de la Suède. L'avion a fait escale tant de fois pour se ravitailler qu'il en a perdu le compte. Un train, un bus et un ferry plus tard, il est enfin arrivé à destination. Pour diffuser les informations vers l'Argentine, il fallait acheminer le son via un central téléphonique — un procédé qu'il a lui-même qualifié de «miracle».
Un réveil brutal en Suède
L'Argentine n'avait pas participé à une Coupe du Monde depuis 1934, s'étant retirée des éditions 1938, 1950 et 1954. Sa domination en Copa América avait convaincu beaucoup de monde — Macaya Márquez compris — qu'elle comptait parmi les meilleures équipes du monde. La Tchécoslovaquie s'est chargée de dissiper cette illusion, en infligeant six buts à l'Argentine dans une défaite humiliante.
«Je n'arrivais pas à y croire, c'était inexplicable,» a-t-il raconté. «Comment pouvions-nous encaisser six buts face à une équipe dont on n'avait jamais entendu parler ? Je ne le supportais pas et j'ai recommencé à fumer, trois ans après avoir arrêté. C'était une dure leçon.»
Sept décennies derrière le micro
Macaya Márquez a grandi dans le même quartier qu'Alfredo Di Stefano et a joué au football dans la rue aux côtés de celui qui allait devenir l'une des plus grandes légendes du Real Madrid. Il a fait ses débuts à la radio à 15 ans, se retrouvant au micro par hasard lorsqu'un commentateur habituel s'est montré indisponible. Il n'en est jamais reparti.
Au fil des décennies, il a vu l'Argentine soulever la Coupe du Monde en 1978 et 1986, et il était présent lors du premier but international de Diego Maradona — un match amical contre l'Écosse à Glasgow en 1979. Il a assisté au sacre du Brésil en 1970 et a chroniclé l'histoire du football sur sept décennies.
Pourtant, son équipe favorite reste la sélection des Pays-Bas de 1974. Bien qu'ils aient terminé finalistes, leur expression du football total lui a laissé une impression durable. «Ils faisaient circuler le ballon vraiment bien, j'aimais leur technique, le mouvement permanent, leur condition physique. Ils étaient une grande incarnation du football total — des joueurs d'une grande qualité,» a-t-il déclaré.
La radio d'abord, la télévision ensuite
Bien que ce soit son travail à la télévision — notamment en tant que présentateur de l'émission Fútbol de Primero dans les années 1990 — qui l'ait rendu célèbre en Argentine, Macaya Márquez a toujours considéré la radio comme sa vraie maison. Il a travaillé pour des stations comme Colonia, Belgrano, Provincia, Rivadavia, Mitre, La Red et Del Plata, et a contribué des chroniques à Clarín et La Nacion.
«C'est la télévision qui m'a rendu célèbre, mais beaucoup de gens ne réalisent pas que j'ai commencé à travailler à la radio à l'âge de 15 ans,» a-t-il confié.
Sa recette pour durer derrière le micro ? «Il faut des connaissances, et savoir les communiquer. Il faut connaître le jeu et l'interpréter correctement. Ce n'est pas facile et il faut apprendre en permanence, en parlant aux gens et en s'enrichissant de leurs expériences — c'est ainsi que l'on progresse.» Quant à sa préparation avant les matchs, elle reste succincte : «Rien du tout.» Pour Macaya Márquez, tout vient naturellement.


