Lisandro Martinez a de nouveau placé Jason Wilcox sous les projecteurs — et cette fois, ce n'est pas un entraîneur sortant qui a porté le coup, mais un joueur cadre remettant publiquement en question la politique de recrutement de United après une défaite 2-0 contre l'Atletico Madrid.
Martinez critique la direction de United et Wilcox sous le feu des critiques

Lisandro Martinez a de nouveau placé Jason Wilcox sous les projecteurs — et cette fois, ce n'est pas un entraîneur sortant qui a porté le coup, mais un joueur cadre remettant publiquement en question la politique de recrutement de United après une défaite 2-0 contre l'Atletico Madrid.
S'exprimant pour la chaîne américaine CBS au lendemain de cette défaite, Martinez — alors même que l'ancien gardien de United Peter Schmeichel tentait par quatre fois de dévier la conversation — a refusé de se taire. "J'attends davantage de notre directeur technique," a déclaré le défenseur argentin. "Nous n'avons pas le meilleur effectif en ce moment par rapport aux autres grandes équipes. Je ne vais pas me taire. Nous avons besoin de plus d'ambition. Si on ne dit pas la vérité, rien ne changera."
Une cible familière
Wilcox a déjà vécu cela. Il y a près de dix mois, le manager de l'époque, Ruben Amorim, l'avait publiquement réprimandé lors d'une conférence de presse d'après-match à Leeds, furieux que le directeur sportif lui ait discrètement suggéré un changement tactique avant le match de Manchester United contre Wolverhampton Wanderers. Amorim avait été remercié moins de 24 heures plus tard, et des interrogations sur le rôle de Wilcox dans cet épisode avaient persisté.
Désormais, la charge de Martinez résonnant dans tout Old Trafford, le dirigeant de 55 ans se retrouve de nouveau sous surveillance — bien que les sources au sein de United soient claires : sa position reste assurée et son poste n'est pas menacé.
Tensions dans le vestiaire
La sortie de Martinez survient à un moment particulièrement délicat. Manchester United restent sur cinq matchs sans victoire, et le manager intérimaire Michael Carrick doit désormais gérer les retombées avant le déplacement à Leeds United dimanche — une rencontre qui amènera de nouvelles questions sur les propos du défenseur argentin.
Youri Tielemans, l'une des trois recrues estivales aux côtés d'Andrey Santos et Carlos Baleba, n'a offert qu'un "no comment" lorsqu'interrogé sur la situation par Amazon Prime. Son silence en dit long, dans la mesure où la critique du recrutement formulée par Martinez pourrait être interprétée comme une référence directe à la décision du club de le recruter — un joueur au profil similaire à l'international anglais Kobbie Mainoo — pour 35 millions de livres sterling.
Des sources proches du vestiaire avaient indiqué à BBC Sport durant l'été que l'effectif avait besoin de renforts au-delà du trio arrivé, et que les lacunes au poste d'arrière gauche et d'attaquant étaient "assez évidentes". Ce constat apparaît aujourd'hui prémonitoire, avec Benjamin Sesko indisponible pour une durée indéterminée après une rechute d'une blessure au tibia et Luke Shaw de nouveau absent.
Interrogations sur la stratégie de recrutement
Les 155 millions de livres sterling dépensés lors du mercato estival font l'objet de critiques. Baleba a manqué les six premières semaines de la saison en raison d'une blessure ; Santos a été remplaçant inutilisé lors des trois derniers matchs de Premier League de Manchester United ; et Tielemans a peiné à afficher une régularité satisfaisante. Des sources ont également remis en question la décision d'investir 50 millions de livres sterling sur Santos, estimant que cette somme aurait pu permettre de recruter un titulaire incontestable ailleurs.
Le recrutement avait pourtant été salué lors de l'été 2025, quand Senne Lammens avait été recruté de préférence à Emi Martinez — le choix favori d'Amorim — et que les arrivées de Matheus Cunha et Bryan Mbeumo, aux côtés de Sesko, avaient revitalisé l'attaque. Les retombées du mercato actuel sont, en revanche, plus difficiles à défendre.
Le tableau général chez Ineos
La frustration ne se limite pas au terrain. La confiance dans l'actionnariat minoritaire d'Ineos — acté le 24 décembre 2023 — continue de s'éroder parmi les supporters. Nice pointe à la neuvième place de la première division française et Lausanne-Sport est dernier en Suisse, ce qui n'inspire guère confiance dans une vision footballistique cohérente et efficace.
L'actionnaire minoritaire Sir Jim Ratcliffe a également été critiqué pour la hausse des prix des billets et ce que le club a présenté comme une enquête sur le marché noir auprès des abonnés — une démarche interprétée par les supporters comme une tentative d'évincer les fans fidèles au profit des touristes. Pendant ce temps, la dette de United s'élève à 1,1 milliard de livres sterling, et la décision de dépenser 63,5 millions de livres sterling pour l'achat d'un terrain destiné à un futur stade de 100 000 places — dont le coût est estimé à plus de 2 milliards de livres sterling — suscite de nouvelles critiques de supporters estimant que cet argent aurait dû renforcer l'effectif de Carrick.
Une autre source disposant d'une connaissance approfondie du fonctionnement interne du club a dressé un bilan sans détour de la situation actuelle : "un chaos total."

