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Maté, courage et gratitude : le fan uruguayen Sebastián Rojí savoure sa première Coupe du Monde
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Maté, courage et gratitude : le fan uruguayen Sebastián Rojí savoure sa première Coupe du Monde

il y a 1 heure·1 min

Les rues autour du Guadalajara Stadium bourdonnaient d'impatience avant le match décisif du Groupe H entre l'Uruguay et l'Espagne — la rencontre qui devait clore les matchs de la FIFA Coupe du Monde 2026™ dans cette ville hôte. Parmi les flots de maillots rouges, un petit groupe de supporters en bleu ciel se frayait un chemin, emmené par un jeune fan enthousiaste nommé Sebastián Rojí.

Rojí est arrivé enveloppé dans un drapeau uruguayen porté comme une cape — acheté à Miami au début d'un périple effréné à travers plusieurs villes. "C'est notre premier drapeau de Coupe du Monde : nous l'avons acheté à Miami," a-t-il expliqué. Nerveux mais déterminé, il n'a pas caché son appréhension : "Je suis un paquet de nerfs, à vrai dire."

Le maté, bien plus qu'une simple boisson

Pour Rojí, la meilleure façon de gérer l'anxiété d'avant-match n'est pas l'agitation de la foule, mais un rituel bien ancré : le maté. Cette infusion amère, bue à travers une paille métallique dans une calebasse, était aussi présente que le drapeau lui-même parmi les supporters uruguayens réunis à Guadalajara.

Bien avant le coup d'envoi, Rojí et son père avaient préparé leur thermos et leur calebasse avec soin et attention — un geste familier qui leur rappelait le foyer. "Quand nous sommes arrivés à notre hébergement, nous avons dû réarranger les meubles. Mon père et moi transportions nos bagages d'une main et le maté de l'autre. Nous avons l'habitude : c'est quelque chose que nous avons toujours avec nous, même dans la rue."

Pour lui, le maté est bien plus qu'une simple boisson. La préparation minutieuse — maintenir les feuilles sèches d'un côté, créer une légère mousse lors du versement de l'eau — est un exercice de patience et de concentration. "La calebasse se passe toujours dans le sens des aiguilles d'une montre. Si quelqu'un dit 'merci', cela signifie qu'il n'en veut plus", a précisé ce Montevidéen installé à Mexico.

La foi en La Celeste

En chemin vers le stade, Rojí a offert une analyse lucide et sans faux espoirs des chances de l'Uruguay face aux champions d'Europe en titre. "L'Uruguay se surpasse habituellement lors des Coupes du Monde. L'équipe a tendance à se transcender dans les grands matchs. Mais les autres nations sont bien plus fortes aujourd'hui, et on ne peut pas gagner sur la seule réputation : il faut livrer sur le terrain."

Il a également appelé ses compatriotes à incarner la garra charrúa — cette combativité légendaire propre au football uruguayen. "Nous sommes des battants, et ça peut faire toute la différence. L'énergie et la force mentale seront déterminantes. Les joueurs uruguayens se battront jusqu'au bout."

La défaite, acceptée avec dignité

Hélas, La Celeste n'a pas réussi à renverser la vapeur. Un tir quelque peu chanceux d'Álex Baena en première mi-temps, favorisé par une erreur de Fernando Muslera et un rebond capricieux, a offert la victoire à l'Espagne. Les doubles champions du monde — en 1930 et 1950 — ont été éliminés dès le premier tour.

Pourtant, en quittant le Guadalajara Stadium, Rojí a refusé de sombrer dans l'amertume. Avec une maturité remarquable, il a accepté la défaite avec sérénité, s'appuyant une nouvelle fois sur son maté comme source de réconfort. "J'ai vraiment adoré chaque instant. C'est ma première Coupe du Monde, et je suis tellement heureux d'avoir assisté aux matchs à Miami et ici. Rencontrer d'autres fans, découvrir les stades, voyager pour soutenir l'équipe nationale... Les résultats ne sont pas toujours au rendez-vous, mais nous aurons une chance de nous rattraper dans quatre ans."

La fête continue

Même après l'élimination de l'Uruguay, Rojí n'avait aucune intention de rentrer chez lui. Il comptait assister à un maximum de matchs, y compris la finale. "Mon équipe est éliminée, mais je veux profiter de ce qui reste et aller à autant de matchs que possible. Nous serons à la finale, qui s'annonce exceptionnelle. J'aurais aimé que l'Uruguay y soit, mais maintenant j'espère juste que ce sera un grand match. La Coupe du Monde est une fête, peu importe qui joue."

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