La rencontre France-Paraguay à la Coupe du Monde 2026 a suscité beaucoup d'attention en raison de sa chaleur écrasante, dépassant les 38 degrés Celsius. Pourtant, un épisode bien plus sombre de l'histoire du tournoi remet cette chaleur en perspective. Le véritable record appartient au Mexique et à l'Irlande, qui se sont affrontés à USA 1994 dans des températures dépassant 43 degrés Celsius — des conditions que les scientifiques du sport qualifieraient de véritablement dangereuses pour tout être humain, a fortiori pour des athlètes de haut niveau.
Des conditions qui défient l'entendement
Les recommandations médicales déconseillent universellement tout effort physique en extérieur dès que les températures dépassent 32 à 37 degrés Celsius. Pour illustrer la situation : plus de 100 spectateurs se sont évanouis ou ont perdu connaissance rien qu'à cause de la chaleur ambiante lors de cette rencontre.
L'international irlandais Jason McAteer a décrit l'expérience avec des mots saisissants, affirmant que ses coéquipiers étaient en train de « fondre » sur le terrain, citant notamment Steve Staunton et Tommy Coyne parmi les plus touchés.
Une préparation désastreuse et une décision de la FIFA incroyable
La science du sport et les pauses hydratation n'étaient à l'époque ni suffisamment développées ni réellement en usage. L'équipe irlandaise avait tenté de s'acclimater à la chaleur américaine avec des moyens dérisoires : serviettes froides, eau versée sur la tête et suppléments de sel Dioralyte.
Plus choquant encore, la FIFA avait interdit aux joueurs de boire de l'eau en bouteille en cours de match lors du tournoi 1994. Face à l'indignation générale, l'instance dirigeante avait finalement fait marche arrière, autorisant le lancer de ballons d'eau sur le terrain pour permettre aux joueurs de s'hydrater.
McAteer a cité les paroles de son sélectionneur Jack Charlton avant la rencontre : « Jack disait avant le match contre le Mexique que quelqu'un pourrait mourir sans avoir de l'eau à boire, mais [au départ] personne ne l'a écouté. C'est l'âge des dinosaures comparé à aujourd'hui, mais ce n'était pas il y a si longtemps. C'était ridicule, insensé… on n'y arrivait pas. »
Les conséquences sur la santé
Charlton avait raison de s'inquiéter. Tommy Coyne, convoqué pour un contrôle antidopage après le coup de sifflet final, était tellement déshydraté qu'il fut contraint de boire une quantité excessive d'eau pour pouvoir uriner. Il a ensuite embarqué dans un avion et a souffert d'une surpression liée aux fluides corporels, obligeant le pilote à perdre de l'altitude.
McAteer a révélé : « Il a littéralement inondé son corps. Quand nous avons repris l'avion pour New York, il a fait un malaise très grave… c'était un vrai risque pour sa santé. » La décision d'instaurer des pauses hydratation lors de la Coupe du Monde 2026 semble, à la lumière de ces événements, non seulement justifiée, mais indispensable.



