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Le SCR risque d'exclure définitivement les petits clubs de Premier League
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Le SCR risque d'exclure définitivement les petits clubs de Premier League

il y a 1 heure·3 min

La finance du football fait rarement vibrer les supporters, mais le passage de la Premier League des règles de profit et de durabilité au ratio de coût d'effectif a des conséquences que tout fan du championnat anglais devrait comprendre — et qui devraient en alarmer plus d'un.

Ce qui a changé et pourquoi c'est important

En novembre dernier, les clubs de Premier League ont voté pour remplacer les règles de profit et de durabilité (PSR) par un nouveau cadre appelé Squad Cost Ratio (SCR). Sous le régime PSR, les clubs étaient autorisés à enregistrer des pertes ajustées ne dépassant pas £105m sur une période glissante de trois ans. Le SCR fonctionne différemment : les clubs peuvent consacrer jusqu'à 85% de leurs revenus liés au football — transferts, salaires et commissions d'agents — aux coûts de l'effectif.

Le PSR était imparfait. Les clubs les plus riches disposaient naturellement d'une plus grande marge de manœuvre en raison de leurs revenus plus élevés, ce qui frustrait des équipes ambitieuses comme Aston Villa et Newcastle, qui cherchaient à combler leur retard sur l'élite. Les règles créaient également des incitations perverses, poussant les clubs à vendre leurs joueurs issus de l'académie à profit. Une faille permettant d'intégrer les revenus non footballistiques aux recettes a été exploitée sans vergogne — le cas le plus flagrant étant la vente par Chelsea de deux hôtels à une société sœur contrôlée par leurs propres propriétaires.

Le SCR renforce l'emprise de l'élite

Pourtant, malgré ses défauts, le PSR contenait un élément égalisateur essentiel : ce plafond fixe de £105m s'appliquait à tous les clubs établis de Premier League, quel que soit leur chiffre d'affaires. Le SCR abolit cette parité. La marge financière étant désormais directement liée aux revenus, les plus grands clubs — ceux dotés des plus importantes structures commerciales et des plus larges bases de supporters — disposent automatiquement d'une plus grande liberté pour investir dans leur effectif.

Le passage à une période d'évaluation annuelle aggrave le problème. La fenêtre de trois ans du PSR offrait à des clubs comme Brighton & Hove Albion et Crystal Palace la souplesse de maintenir un effectif compétitif pendant deux saisons avant de lever des fonds par des ventes de joueurs lors de la troisième. Le SCR supprime cette marge de respiration, obligeant les clubs à équilibrer leurs comptes chaque année et bridant l'ambition avant même qu'elle puisse porter ses fruits.

Le SCR fonctionne avec un seuil dit vert à 85% et un seuil rouge qui y ajoute une tolérance glissante pluriannuelle de 30%. Franchir le seuil vert entraîne une amende ; seuls les clubs qui dépassent le seuil rouge s'exposent à une pénalité de points. Élément crucial : cette tolérance supplémentaire de 30% est également accessible aux clubs les plus riches, ce qui amplifie plutôt qu'il ne réduit l'écart concurrentiel.

Les clubs européens face à une double contrainte

Le fardeau pèse le plus lourd sur les clubs qualifiés pour les compétitions européennes. Bournemouth, Sunderland, Crystal Palace et Brighton doivent simultanément respecter le ratio de coût d'effectif de 70% imposé par l'UEFA, ce qui leur laisse une liberté financière bien moindre que celle de leurs rivaux restés en dehors de l'Europe. C'est une pénalité pour le succès qui s'accorde mal avec toute notion de concurrence loyale.

Ce n'est pas un hasard si trois de ces quatre clubs ont voté contre le SCR, rejoints par Brentford, Fulham et Leeds United. Ces équipes ont compris que le nouveau règlement favorisait la richesse établie au détriment de la progression par le mérite.

Le grand atout de la Premier League menacé

Le sacre de Leicester City en 2015/16 fut un miracle d'une génération, peu susceptible de se reproduire dans tout cadre financier moderne. Mais Brighton & Hove Albion, Brentford et Bournemouth ont démontré ces dernières saisons qu'un recrutement intelligent et une planification cohérente sur le long terme permettent aux clubs plus modestes de rivaliser véritablement au plus haut niveau — et parfois de surpasser des adversaires bien plus riches.

Le SCR rend cela plus difficile. Pour un championnat qui a bâti sa réputation mondiale sur son imprévisibilité et son ouverture, ancrer l'avantage financier de l'élite est un pas dans la mauvaise direction.

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