Le pas chassé au moment de tirer un penalty divise les supporters depuis des années. Aujourd'hui, après une série de tirs manqués très médiatisés lors de la Coupe du Monde 2026, de sérieuses questions se posent sur la fin de l'ère dorée de cette technique.
Le pas chassé au penalty est en déclin — mais il n'est pas encore mort

Le pas chassé au moment de tirer un penalty divise les supporters depuis des années. Aujourd'hui, après une série de tirs manqués très médiatisés lors de la Coupe du Monde 2026, de sérieuses questions se posent sur la fin de l'ère dorée de cette technique.
Une technique sous pression
Des recherches du professeur Geir Jordet, éminent spécialiste en psychologie du football, menées sur cinq ans de données de Premier League, ont montré que le pas chassé offrait aux tireurs un avantage pouvant atteindre 10 pour cent par rapport aux courses d'élan traditionnelles. Pendant des années, les gardiens n'avaient tout simplement aucune réponse fiable.
Les lois du jeu ont été modifiées en 2016 pour empêcher les joueurs d'effectuer une feinte sur leur dernier appui afin de provoquer la plongée prématurée du gardien — pourtant la technique a continué de prospérer. Jusqu'à présent, peut-être.
Sur les 11 courses d'élan avec pas chassé enregistrées lors de cette Coupe du Monde, six ont abouti à des tirs manqués — un taux de réussite inférieur à 50 pour cent, et ce chiffre ne tient même pas compte du penalty retaken par Harry Kane contre la Croatie.
Bono mène la contre-attaque des gardiens
L'élimination des Pays-Bas aux tirs au but face au Maroc a offert l'un des cas d'étude les plus saisissants du tournoi en matière de psychologie du penalty. Le gardien marocain Bono s'est forgé une réputation redoutable sur les penalties, avec huit des 12 tentatives précédentes qui lui ont fait face terminées en échec.
Sa méthode est calculée et implacable : plutôt que de se laisser piéger à plonger tôt, Bono feinte dans un sens en réponse au pas chassé — puis plonge de l'autre côté. Parfois, il feinte deux fois. En somme, il renvoie la pression psychologique sur le tireur.


