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La sévérité sur les corners au Mondial soulève des questions pour la Premier League
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La sévérité sur les corners au Mondial soulève des questions pour la Premier League

il y a 1 heure·3 min

Un but refusé à l'Allemagne lors de la Coupe du Monde de la FIFA a relancé un débat qui a dominé le football européen la saison dernière : les arbitres parviennent-ils enfin à maîtriser le chaos qui a transformé les corners en sport de contact ?

Jonathan Tah pensait avoir donné à l'Allemagne une avance de 2-1 face au Paraguay en prolongation, avant que la VAR n'intervienne. Waldemar Anton a été jugé coupable d'avoir délibérément bloqué le gardien Orlando Gill — une décision qui aurait soulevé bien des sourcils dans n'importe quel stade de Premier League.

L'Espagne a subi un sort similaire, Pau Cubarsi étant sanctionné pour une faute sur le gardien autrichien Alexander Schlager lors d'un coup de pied arrêté.

Le verdict de Klopp et le record de corners d'Arsenal

L'ancien entraîneur de Liverpool, Jurgen Klopp, témoin de l'élimination de l'Allemagne, n'a pas mâché ses mots. « Si le but est illégal, alors Arsenal ne sera pas champion d'Angleterre », a-t-il déclaré — une référence directe aux 19 buts sur corner record des Gunners lors de leur titre de Premier League la saison passée.

« Ils ont marqué 60 % de leurs buts de cette façon », a ajouté Klopp au sujet d'Arsenal — un chiffre exagéré, mais qui illustre l'ampleur de la domination de cette tactique.

La lutte aux corners était devenue si répandue en fin de saison dernière que, par moments, 16 joueurs s'entassaient dans la surface de but. BBC Sport a appris que des responsables arbitraux de haut rang décrivaient en privé la situation comme une « scène de combat » — et clairement « pas du vrai football ».

Comment Collina forme ses arbitres

Pierluigi Collina, responsable des arbitres à la Fifa, a envoyé un message clair avant le tournoi aux entraîneurs comme aux officiels : tolérance zéro pour tout blocage hors ballon visant à gêner la course d'un adversaire vers le ballon. La consigne aux arbitres était tout aussi directe — être stricts.

La préparation de Collina a été méticuleuse. Les 51 arbitres et 88 arbitres assistants sont stationnés dans un centre d'entraînement dédié à Miami, en Floride. La Fifa a réuni un groupe de joueurs semi-professionnels chargés de reproduire les schémas sur coup de pied arrêté et les dispositifs tactiques des 48 nations participantes.

Avant le quart de finale entre France et Morocco, par exemple, l'arbitre Facundo Tello et son équipe se sont entraînés face à deux équipes complètes programmées pour imiter les mouvements des deux côtés — où les joueurs se positionnent, où ils font leurs appels, et si quelqu'un adopte un rôle de bloqueur.

Collina estime que les scénarios réels, et non les diagrammes, sont ce qui aiguise les instincts des officiels. Les arbitres reçoivent un retour immédiat sur leurs décisions et en tiennent compte lors du match.

Les chiffres derrière le changement

Les statistiques suggèrent que l'approche porte ses fruits. En Premier League la saison dernière, les corners produisaient des buts à une moyenne de 0,49 par match — presque un but tous les deux matchs. La Bundesliga et l'UEFA Champions League n'étaient pas loin derrière avec 0,46.

Lors de cette Coupe du Monde, ce chiffre est tombé à 0,34, au même niveau que d'autres grandes ligues européennes où les arbitres interviennent plus facilement dans la surface de réparation. Il reste cependant bien au-dessus du 0,20 enregistré lors de la Coupe du Monde 2022 au Qatar.

La Premier League va-t-elle emboîter le pas ?

La réponse honnête, selon les informations de BBC Sport, est : pas totalement. Les arbitres de Premier League ne devraient pas appliquer le même standard strict. Si les buts de l'Allemagne ou de l'Espagne avaient été inscrits en Angleterre, aucun n'aurait été refusé.

La Premier League a promis « une meilleure reconnaissance des actions de tenue claires » pour la prochaine saison, mais les officiels sont conscients qu'inonder les premières semaines de penalties serait insoutenable — même si, en théorie, cela pourrait réinitialiser les comportements.

« Il y a un juste milieu où ils peuvent mieux gérer les choses », a déclaré l'ancien défenseur de Chelsea, Cesar Azpilicueta, sur BBC One. « En Angleterre surtout, il y a plus de contact — on y est habitué. Il existe un entre-deux où tout le monde peut être un peu plus satisfait. »

Les entraîneurs chercheront toujours le gain marginal. Le défi pour les arbitres de Premier League est de trouver une remise à zéro qui respecte la nature physique du jeu anglais — sans laisser les corners sombrer à nouveau dans le chaos.

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