Au coup de sifflet final marquant la victoire du Canada sur l'Afrique du Sud dimanche, l'entraîneur Jesse Marsch n'a pas perdu une seconde — il a rassemblé ses joueurs et son staff en cercle pour leur dire exactement ce qu'ils étaient devenus.
Le Canada entre dans l'histoire en tant qu'hôte oublié de la Coupe du Monde

Au coup de sifflet final marquant la victoire du Canada sur l'Afrique du Sud dimanche, l'entraîneur Jesse Marsch n'a pas perdu une seconde — il a rassemblé ses joueurs et son staff en cercle pour leur dire exactement ce qu'ils étaient devenus.
"Des héros canadiens", les a-t-il appelés, quelques instants après que son équipe avait remporté un match à élimination directe en Coupe du Monde pour la première fois de son histoire, se qualifiant pour les huitièmes de finale. "L'avenir du sport dans ce pays est immense grâce à vous."
L'hôte oublié qui trouve sa voix
Le Mexique a accueilli le match d'ouverture du tournoi tandis que les États-Unis organisent la finale. L'essentiel des projecteurs s'est braqué sur ces deux nations avant la compétition, reléguant le Canada au rang de partenaire méconnu de cette organisation trinationale.
Pourtant, le Canada a bâti quelque chose de sincère en silence — une passion grandissante pour le jeu et pour l'équipe nationale. Ce changement se ressent partout, de la façon dont les supporters parlent du sport jusqu'aux milliers de personnes arborant le rouge et le blanc dans les tribunes.
"Il commence à être connu sous le nom de football maintenant, et non plus soccer", a confié un supporter à BBC Sport avant le match contre l'Afrique du Sud. "Le Canada devient une nation de football."
Cette transformation était précisément l'objectif que Marsch s'était fixé en prenant la tête de l'équipe nationale il y a deux ans — une ambition qui semblait alors utopique pour un pays dont l'identité sportive a longtemps été ancrée dans le hockey sur glace.
Un parcours historique en phase de groupes
Le Canada avait perdu ses six matchs précédents en Coupe du Monde avant ce tournoi. Il a immédiatement rompu avec ce passé, obtenant le match nul contre la Bosnie-Herzégovine pour son tout premier point en Coupe du Monde, avant d'écraser le Qatar 6-0 pour décrocher sa première victoire et valider une place en huitièmes.
Le capitaine Alphonso Davies, habitué aux immenses foules de supporters avec Bayern Munich et en UEFA Champions League, a avoué avoir versé des larmes en voyant des milliers de Canadiens remplir les tribunes en rouge et blanc lors du match d'ouverture à Toronto.
"C'était irréel car je n'avais jamais vu autant de Canadiens à un match de football", a déclaré Davies. "Ça m'a fait monter les larmes aux yeux."
Eustaquio décisif dans le temps additionnel
Une défaite contre la Suisse a privé le Canada de jouer son huitième de finale sur son propre sol, mais ses supporters ont traversé la frontière en masse jusqu'à Los Angeles — donnant aux Canadiens l'impression d'être l'équipe à domicile face à l'Afrique du Sud. Malgré les tentatives adverses de forcer les tirs au but dès le début, le Canada a tenu bon. Stephen Eustaquio a alors offert le moment de qualité décisif en temps additionnel pour sceller la victoire.
C'était également la première fois dans l'histoire qu'un pays hôte de la Coupe du Monde disputait un match en dehors de ses frontières.
"Je voulais pouvoir leur dire combien ce moment se révélera important pour le sport dans le pays", a déclaré Marsch à propos du rassemblement d'après-match. "C'est dommage qu'on n'ait pas pu le faire à Vancouver, devant nos fans, mais je pense que vous avez vu le caractère de l'équipe, la qualité de l'équipe, le mental de l'équipe et la solidarité de l'équipe."
Un coup à jouer contre des géants
Le Canada affrontera en huitièmes de finale soit les Pays-Bas soit le Maroc — les Pays-Bas classés septièmes au monde, le Maroc sixièmes. Aucun des deux ne sera un adversaire facile, mais Marsch savoure ce défi.
"Mon objectif dans ce tournoi, en dehors d'inspirer notre nation, était de réaliser un parcours qui nous permette d'affronter l'un des géants du monde", a-t-il dit. "Vu les six dernières années du Maroc, c'est un géant moderne, et vu le succès de l'équipe des Pays-Bas depuis ce qui semble des siècles, c'est un géant traditionnel. Je vois ça comme un coup à jouer sans pression et nous allons tout donner pour décrocher une victoire."
Pour les supporters qui se souviennent des matchs du Canada dans les années 1990 lorsque les supporters locaux étaient souvent minoritaires dans leur propre stade, les scènes vécues lors de cette Coupe du Monde représentent bien plus que de simples résultats sportifs. Le football au Canada, semble-t-il, a changé pour toujours.

