L'avenir de Julian Alvarez à l'Atletico Madrid a dominé l'actualité tout au long de l'été, mais maintenant que le mercato est fermé, l'attention se tourne vers la manière dont l'attaquant argentin peut se réimposer sous les ordres de Diego Simeone.
Le joueur de 26 ans n'a pas caché son désir de rejoindre Barcelona, et cet aveu a fragilisé sa relation avec les supporters de l'Atleti — une relation qui demandera bien plus que de bonnes intentions pour se reconstruire.
Le soutien public indéfectible de Simeone
Tout au long de cette période d'incertitude, Simeone a fermement défendu Alvarez. En août, l'entraîneur l'a décrit comme « l'un des joueurs, voire le meilleur joueur offensif » dont il dispose, affirmant vouloir « construire une équipe autour de lui », en soulignant sa « puissance, sa qualité, sa hiérarchie et son talent ».
Ce soutien n'a pas faibli. Lorsqu'Alvarez a manqué le premier match de l'Atletico contre Malaga — Simeone invoquant la nécessité d'une préparation estivale complémentaire — le technicien a continué de défendre son joueur publiquement. Après la difficile soirée contre Villarreal, où Alvarez a été sifflé dès l'annonce de son nom, Simeone a précisé que la décision de renvoyer directement le joueur aux vestiaires après le coup de sifflet final était celle du club, et non celle d'Alvarez lui-même.
Une maladie a ensuite éloigné Alvarez de trois séances d'entraînement et l'a privé du déplacement à Sevilla. Une fois encore, Simeone a affirmé qu'il ferait tout son possible pour que l'attaquant se sente valorisé à son retour : « Nous allons l'aider parce que c'est un joueur extraordinaire. »
Alvarez a retrouvé le groupe complet dimanche et est de nouveau disponible pour la sélection.
L'Atletico peut s'en sortir — mais Alvarez apporte un profil différent
En l'absence d'Alvarez à Sevilla, Simeone a aligné Alex Baena en faux neuf. L'international espagnol a répondu avec deux buts lors d'une victoire 3-1, prouvant que l'Atletico dispose d'alternatives crédibles en attaque. Cela dit, Alvarez représente un profil différent — un animateur du pressing capable de faire la liaison, de créer des espaces et d'apporter une qualité individuelle sur laquelle Simeone structure son attaque.
Jose Mourinho, interrogé sur la situation, a mis en avant la connaissance inégalée de Simeone du joueur comme du club. « Il n'existe pas d'autre entraîneur qui le connaisse mieux et qui connaisse le club mieux que Simeone », a-t-il déclaré. Mourinho a également livré une analyse directe de la situation : « Si un joueur n'est pas satisfait, au 1er septembre, quand le mercato est fermé, il doit l'être. Sinon, il ne jouera plus avant le 1er janvier. »
Le défi de reconquérir les supporters
L'obstacle le plus redoutable auquel Alvarez fait face est peut-être la reconstruction de son lien avec les supporters de l'Atleti. L'Atletico a déboursé un montant record de £81,5 millions pour le recruter auprès de Manchester City en 2024, en lui accordant un contrat de six ans. Il a depuis inscrit 49 buts et délivré 17 passes décisives en 107 apparitions. Longtemps, il a été un chouchou du public. Cette bienveillance s'est aujourd'hui évaporée.
« On comprend parfaitement que l'Atleti n'ait pas voulu accepter les conditions de Barca juste parce qu'il voulait partir, » a déclaré le supporter Dani. « Ça ne marche pas comme ça. L'Atleti veut se battre avec les meilleurs de La Liga et ne peut pas vendre son meilleur joueur directement à un rival pour des clopinettes. »
Un autre supporter, Ignacio, a été tout aussi direct : « Ses mots et son attitude étaient totalement inattendus. Il a probablement été mal conseillé par son agent et son entourage. Même s'il s'excuse, il est clair qu'il a envie de partir et, maintenant que le mercato est fermé, ça ressemblera à des excuses forcées. »
L'ombre d'Antoine Griezmann plane sur toute cette histoire. Son départ pour Barcelona en 2019 a laissé des plaies profondes et, bien qu'il ait progressivement rebâti sa relation avec le club après son retour deux ans plus tard — devenant un cadre avant son départ en 2026 — certains supporters ne lui ont jamais totalement pardonné. Dani a noté que même après les excuses publiques de Griezmann devant 60 000 fans en fin de saison dernière, une partie du public gardait encore rancœur.
« S'il commence à marquer des buts, les gens vont se mettre à hésiter, » a dit Dani. « Mais il y a aussi des supporters qui n'oublient jamais. »
Un calendrier exigeant en perspective
Avec trois déplacements consécutifs à l'horizon — contre Athletic Club, Liverpool et Real Sociedad — Simeone a l'opportunité de réintégrer Alvarez progressivement, loin de la pression intense des 70 000 fans du Metropolitano. Cette bouffée d'air pourrait se révéler précieuse alors que l'attaquant cherche à retrouver son rythme avant la phase de groupes de l'UEFA Champions League.
L'Atletico rentrera ensuite à domicile pour affronter Osasuna puis Real Madrid en La Liga, date à laquelle Simeone attendra d'Alvarez qu'il porte le poids offensif avec une conviction totale. S'il parvient à retrouver le niveau qui l'a rendu si indispensable à cette équipe, la tempête de l'été pourrait, avec le temps, finir par se dissiper.



