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Comment Tuchel a transformé l'Angleterre : système, vitesse et prise de risque
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Comment Tuchel a transformé l'Angleterre : système, vitesse et prise de risque

il y a 2 heures·3 min

La victoire 4-2 de l'Angleterre face à la Croatie lors de l'ouverture de la Coupe du Monde a constitué une déclaration d'intention immédiate — et un signal clair du chemin parcouru par Thomas Tuchel depuis qu'il a succédé à Gareth Southgate.

Le système avant les stars

Le changement le plus frappant sous Tuchel est sa volonté d'écarter des noms en vue. À l'Euro 2024, Southgate s'appuyait sur Phil Foden, Cole Palmer et Trent Alexander-Arnold. Tuchel a laissé les trois à la maison pour la Coupe du Monde.

La différence s'explique par leurs philosophies respectives. Tuchel définit d'abord son système, puis identifie les joueurs adaptés aux rôles précis qu'il exige — peu importe leur réputation. Southgate, lui, rassemblait les meilleurs individus disponibles avant de tenter de bâtir un système autour d'eux, ce qui l'amenait parfois à placer des joueurs dans des rôles qui ne leur correspondaient pas parfaitement.

C'est pourquoi Morgan Rogers a été préféré à Foden et Palmer — il correspond mieux à ce que Tuchel attend du numéro 10. Sans les passes en profondeur d'Alexander-Arnold, la menace à longue distance de Foden ou la créativité de Palmer, l'Angleterre dispose peut-être d'un peu moins de puissance individuelle. Mais Tuchel parie qu'une plus grande cohésion collective compensera largement.

Accélérer le jeu dans le couloir central

L'assistant entraîneur Anthony Barry avait exposé cette réflexion tactique plus tôt dans l'année, confiant au Guardian que l'équipe cherchait à accélérer le jeu sur ces 24 mètres décisifs au centre du terrain — une zone que, selon lui, le football moderne a rendue trop encombrée.

Face à la Croatie, cette philosophie était visible dès le coup d'envoi. Le gardien Jordan Pickford a touché le ballon 72 fois, l'Angleterre jouant délibérément en retrait pour attirer la Croatie vers l'avant avant de lâcher des courses dans le dos de la défense. Les équipes de Southgate, en comparaison, construisaient plus progressivement — conservant le ballon et avançant en bloc avant de tenter de percer les blocs défensifs bas.

Tuchel instille également des automatismes précis pour déjouer le pressing adverse. Face à la Croatie, lorsque l'Angleterre relançait, Declan Rice décrochait vers la gauche, Harry Kane s'engouffrait dans l'espace laissé vacant, et Jude Bellingham se projetait en dernière ligne. Ces mouvements cassaient le pressing croate et créaient les angles pour des passes directes vers Bellingham, Anthony Gordon et Noni Madueke.

Un appétit pour le risque plus élevé

La grande force de Southgate était de gérer la variance — maintenir les matchs serrés et laisser la qualité de l'Angleterre s'exprimer dans des conditions maîtrisées. La contrepartie était une tendance à défendre un avantage plutôt qu'à le creuser, comme en témoigne notamment la finale de l'Euro 2020.

Tuchel accepte davantage d'exposition. Les remplaçants de l'Angleterre face à la Croatie ont maintenu le même profil offensif plutôt que d'apporter une couverture défensive supplémentaire, et l'équipe semblait plus vulnérable défensivement que celle de Southgate. Mais l'argument inverse est convaincant : le but de Bellingham contre la Croatie est né d'une combinaison travaillée à l'entraînement, et non d'un éclair individuel isolé — ce qui suggère que le système peut produire des buts décisifs sans dépendre d'un seul génie.

La question centrale reste entière : cet approche plus risquée de Tuchel tiendra-t-elle sur toute une Coupe du Monde ?

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