Gianni Infantino, confronté à une pression croissante sur sa gestion de la FIFA, signalerait son soutien à une nouvelle expansion de la Coupe du Monde masculine — une démarche largement perçue comme une tentative de consolider ses appuis parmi les 211 associations membres de la FIFA avant une élection présidentielle.
Infantino envisage une expansion de la Coupe du Monde pour consolider sa candidature à la FIFA

Gianni Infantino, confronté à une pression croissante sur sa gestion de la FIFA, signalerait son soutien à une nouvelle expansion de la Coupe du Monde masculine — une démarche largement perçue comme une tentative de consolider ses appuis parmi les 211 associations membres de la FIFA avant une élection présidentielle.
Selon le Mirror, Infantino aurait indiqué être favorable à un élargissement du tournoi, passant du format actuel à 48 équipes à une formule à 64 équipes. Le président de la FIFA s'est rendu en Colombie vendredi pour assister à l'inauguration du nouveau président du pays, Abelardo de la Espriella, où des discussions sur une potentielle expansion auraient eu lieu.
Un calcul politique
La motivation derrière tout nouvel élargissement de la Coupe du Monde dépasse largement le cadre sportif. Chacune des 211 associations membres de la FIFA dispose d'une voix égale, ce qui confère aux petites fédérations le même poids que les grandes puissances du football. Pour bon nombre de ces petites associations, un tournoi élargi représente leur première véritable chance de participer à la plus grande scène du football mondial.
S'engager à ouvrir la Coupe du Monde à davantage de nations revient, en pratique, à s'adresser directement à la majorité des électeurs d'Infantino — et historiquement, une telle offre s'est avérée difficile à refuser. Tout président prêt à soutenir une telle expansion gagnerait une bienveillance considérable auprès des fédérations qui n'ont actuellement que peu de chances de se qualifier pour un tournoi à 48 équipes, encore moins pour un format plus restreint.
La vente qui a mal tourné
La position d'Infantino a été fragilisée ces derniers mois par ses tentatives de céder une part importante des droits commerciaux de la Coupe du Monde à des investisseurs privés. Des proches de Donald Trump — qui a exprimé un soutien explicite à Infantino — auraient figuré parmi les bénéficiaires pressentis. Le projet s'est heurté à une résistance farouche de la part des associations membres, des détenteurs de droits et des instances dirigeantes du monde entier, le forçant finalement à être abandonné.
L'UEFA a saisi cette controverse pour se positionner en défenseure de l'intégrité du sport. La confédération européenne a depuis menacé de boycotter les compétitions de la FIFA et exige des garanties formelles avant de renoncer à cette menace. Celle-ci n'a pas encore été levée.
L'Europe détient la clé
Le plan d'expansion d'Infantino comporte une complication fondamentale : une Coupe du Monde à 64 équipes n'aurait de poids politique que si des nations européennes figuraient parmi les nouveaux entrants. Sans la coopération de l'UEFA, le tournoi lui-même pourrait être compromis — l'Europe conservant le pouvoir de le rendre inopérant si elle choisissait de se retirer.
Même si les 156 associations membres non-UEFA votaient aux côtés d'Infantino, un boycott de l'UEFA rendrait la Coupe du Monde élargie inapplicable. L'instance européenne semble consciente de ce levier et ne montre guère l'intention de reculer sans concessions significatives de la part de la présidence de la FIFA.
Pour Infantino, le pari de l'expansion représente sa carte maîtresse restante — mais la jouer avec succès dépend de sa capacité à rallier la confédération qui s'oppose le plus ouvertement à lui.


