Andoni Iraola a pris les rênes d'Anfield une saison seulement après qu'Arne Slot a conduit Liverpool au titre de Premier League — et les premiers signes indiquent que le nouvel entraîneur imprime déjà son identité au club.
Liverpool a remporté deux matchs amicaux de pré-saison, face à Sunderland et Wrexham, mais a également dilapidé des avantages de deux buts lors de défaites contre Leeds United et Monaco. Sur ces quatre rencontres, les Reds ont affiché une possession moyenne de 60,6 % — soit une hausse de 12,9 % par rapport à la moyenne de Bournemouth sous Iraola en championnat la saison dernière.
Construction depuis l'arrière
Les adversaires ayant tendance à s'organiser en bloc bas face à Liverpool, garder le ballon sur de longues périodes représente un défi inédit pour Iraola. Sa réponse consiste à conserver l'approche intense et chaotique qui caractérisait ses équipes de Bournemouth, tout en adaptant la phase de construction à un club d'envergure supérieure.
Liverpool a cherché à construire court par le gardien, les quatre défenseurs et un ou deux milieux axiaux. Dominik Szoboszlai et Trey Nyoni — le duo de milieux profonds privilégié par Iraola en pré-saison — décrochent pour recevoir le ballon avant de le jouer vers les ailiers dans l'espace. L'objectif de ces courtes combinaisons est d'attirer le pressing adverse, puis d'accélérer le jeu par des passes vers l'avant au moment où la pression est engagée.
Si une équipe presse immédiatement, Liverpool est prêt à contourner la phase de construction et à jouer long depuis les gardiens Alisson ou Giorgi Mamardashvili. Même si le premier duel est perdu, les Reds sont bien positionnés pour disputer les seconds ballons et exploiter les espaces qui s'ouvrent dans une défense désorganisée.
L'influence de Bielsa
Bon nombre des principes offensifs d'Iraola rappellent ceux de l'ancien entraîneur de Leeds United, Marcelo Bielsa, qui a dirigé Iraola à l'Athletic Club entre 2011 et 2013. Dans une interview accordée à Sky Sports en 2023, Iraola a reconnu l'influence durable de l'Argentin.
« J'utilise beaucoup d'exercices de Marcelo que j'ai appris de lui, surtout avec le ballon. Offensivement, ses équipes sont très dynamiques, prêtes à effectuer toutes les courses vers l'espace ; il accepte ce type de désordre offensif. »
Comme les équipes de Bielsa, Liverpool évolue déjà de manière animée sous Iraola. En phase offensive, il est rare de voir les joueurs des Reds occuper des zones figées de façon rigide.
Bielsa s'appuyait également sur des doublés ou triplés sur les côtés pour déstabiliser les adversaires — une approche qu'Iraola a vécue de l'intérieur en jouant latéral droit sous ses ordres. Le latéral et l'ailier se combinaient régulièrement sur le flanc, mais leur relation n'était jamais aussi simple qu'un joueur tenant la largeur pendant que l'autre restait statiquement en soutien.
Liverpool affiche déjà des schémas similaires sous Iraola, notamment à gauche, où les latéraux se projettent dans le dernier tiers aux côtés de Rio Ngumoha ou Cody Gakpo. Florian Wirtz, qui évolue principalement comme numéro 10, dérive sur ce flanc pour offrir une troisième option capable d'intervenir au centre, en profondeur ou en largeur.
Les risques en contre-attaque
Ce style de jeu spectaculaire rend Liverpool très offensif — parfois au détriment de l'équilibre défensif. En l'absence de ballon, il n'est pas rare de voir les deux latéraux, deux des trois milieux et le trio offensif projetés vers l'avant, ne laissant que les deux centraux et un milieu défensif derrière le ballon.
Iraola a lui-même reconnu que Monaco avait mis en évidence ces lacunes, son équipe « ne pouvant pas maintenir le niveau voulu » et ayant « du travail à fournir ». Le contre-pressing intense reste le principal rempart contre les transitions adverses — mais il n'est pas encore au point.
Le pressing et le rôle de Szoboszlai
Liverpool a souvent pressé en 4-4-2 en losange, incitant d'abord l'adversaire à jouer court avant de déclencher des séquences de pressing plus agressives. Dominik Szoboszlai occupe un rôle central dans ce dispositif : lorsqu'il sort de sa position pour presser, le milieu défensif et la ligne défensive doivent réagir immédiatement pour combler les espaces laissés libres.
Szoboszlai lui-même s'est montré enthousiaste à l'égard de son nouvel entraîneur : « Il est très bon. L'intensité dont nous avons besoin est de retour. »
Quatre matchs de pré-saison constituent un échantillon limité, mais la patte d'Iraola est déjà visible à Liverpool. La façon dont il trouvera l'équilibre entre chaos offensif et solidité défensive, avec un effectif qui devra dominer le ballon sur de plus longues périodes, dessinera probablement les contours de sa première saison.

