Manchester City a été reconnu coupable de la majorité des infractions aux règles financières qui lui étaient reprochées — mais loin de clore le dossier, ce verdict ouvre ce qui pourrait être un chapitre encore plus long et plus chaotique pour la Premier League.
Le verdict contre Manchester City plonge la Premier League dans le chaos et l'incertitude

Manchester City a été reconnu coupable de la majorité des infractions aux règles financières qui lui étaient reprochées — mais loin de clore le dossier, ce verdict ouvre ce qui pourrait être un chapitre encore plus long et plus chaotique pour la Premier League.
Le verdict, portant sur 115 charges déposées il y a 1 329 jours, n'a pas été annoncé par le club ni par la ligue. C'est The Athletic qui a révélé l'information, établissant que la décision du panel indépendant avait été transmise aux dirigeants du club, lesquels devaient signer un accord de confidentialité avant d'y accéder. La Premier League a, de son côté, maintenu un silence public total.
Dans un bref communiqué, City n'a fait aucune référence directe à un verdict de culpabilité, soulignant seulement que le "processus reste en cours" — signal qu'un appel se prépare de la part d'un club qui a toujours nié tout manquement.
Quelle sanction pourrait suivre ?
City ayant contesté les charges, l'affaire doit désormais passer devant une audience de sanction distincte, qui, selon les informations de BBC Sport, pourrait n'intervenir que dans plusieurs mois. Des déductions de points, de lourdes amendes et même une relégation sont toutes envisageables. La décision finale ne sera peut-être rendue publique qu'à l'issue de l'appel.
À titre de comparaison, Everton s'est vu retirer six points — réduits à dix en appel — puis deux autres dans des affaires séparées liées aux règles de rentabilité et de viabilité (PSR). Nottingham Forest a perdu quatre points. Ces infractions étaient considérées comme mineures. City a fait face à sept charges distinctes au titre des PSR en Premier League uniquement, auxquelles s'ajoutent cinq autres liées aux compétitions UEFA, ainsi que des allégations de revenus de sponsoring gonflés, de paiements irréguliers à des joueurs et des entraîneurs, et d'un refus de coopérer avec les enquêteurs.
L'ampleur des infractions présumées jette une ombre sur toute la période de la Premier League de 2009 à 2018. Chelsea et Manchester City — deux des clubs les plus dominants de cette période — sont tous deux impliqués. Chelsea a reconnu sa culpabilité et négocié un accord de sanction ; City a désormais été reconnu coupable après avoir contesté chaque charge.
Quatre scénarios qui pourraient façonner la saison
Manchester City occupant la tête du classement de la Premier League — potentiellement avec six points d'avance à la reprise — le calendrier de toute sanction devient crucial pour tous les autres clubs.
Si aucune sanction n'est prononcée cette saison, l'intégrité de la compétition est compromise. Une déduction de points rétroactive après la fin de la saison est jugée improbable, ce qui signifie que les clubs luttant contre la relégation — ou pour des places européennes — pourraient évoluer dans un classement final fondamentalement faussé.
Si une pénalité de points est infligée cette saison et que City fait appel, la pratique habituelle est que la déduction s'applique immédiatement. Une sanction assez lourde pour équivaloir à une relégation effective enverrait des ondes de choc dans tout le championnat. La suspension de City de la ligue pourrait même être envisagée, même si ses modalités d'application en cours de saison restent floues.
La résolution la plus propre, selon des sources proches du dossier, serait un accord de sanction négocié — similaire à celui obtenu par Chelsea plus tôt cette année. Cela supposerait que City admette sa culpabilité, une démarche que le club n'a montré aucun signe de vouloir entreprendre.
Et même si l'affaire est formellement close, elle pourrait ne pas être terminée pour autant. Les clubs de Premier League cherchent déjà des conseils juridiques pour déposer des demandes d'indemnisation individuelles contre City. Une source ayant occupé un poste de cadre supérieur dans deux clubs de Premier League a confié à la BBC qu'elle s'attendait à ce que de telles demandes soient soumises. Un éminent avocat a confirmé à la BBC que le processus pourrait même être centralisé par la ligue elle-même — un précédent établi lorsqu'Everton a été condamné à verser 35 millions de livres sterling à Burnley en compensation après que sa violation des PSR a contribué à la relégation de Burnley.
La Premier League entre dans une période de profonde incertitude — et quel que soit le scénario qui se déroule, les répercussions remodèleront le football anglais pour les années à venir.


