L'aventure de Cristiano Ronaldo en Coupe du Monde est terminée — et avec elle, le dernier chapitre d'une quête tout au long de sa carrière pour le titre suprême du football international. L'élimination du Portugal en huitièmes de finale face à l'Espagne a mis fin à un sixième et dernier tournoi pour le joueur de 41 ans, qui était en larmes au coup de sifflet final, sous le poids d'une ambition restée inassouvie.
Ronaldo quitte la scène mondiale en détenant le record de tournois consécutifs marqués — 11 buts en six éditions — mais sans l'unique distinction qui aurait parachevé son héritage. Il entrera dans l'histoire comme, très probablement, le meilleur joueur à ne jamais avoir remporté la Coupe du Monde.
Un été qui a tout révélé
L'élimination face à l'Espagne a mis en lumière l'inconfortable vérité sur le rôle de Ronaldo dans cette équipe. Malgré la présence de Bruno Fernandes, élu meilleur joueur de Premier League cette saison, de Joao Neves et Vitinha — tous deux vainqueurs consécutifs de la Ligue des Champions — au milieu de terrain, et d'une défense solide menée par Ruben Dias et Nuno Mendes, le Portugal a manqué de création offensive. Et Ronaldo était au cœur de ce problème.
Les statistiques sont accablantes. En cinq matchs de Coupe du Monde, Ronaldo n'a tenté aucun dribble — un chiffre remarquable pour quelqu'un jadis considéré comme l'un des attaquants les plus dévastateurs au monde. Le gardien cap-verdien Vozinha, lui aussi dans la quarantaine, a réalisé davantage de dribbles lors du tournoi.
Il a tiré 17 fois avant de provoquer une occasion pour un coéquipier — un tir inoffensif pour Vitinha à la 75e minute face à l'Espagne, stoppé sans difficulté. Son indicateur d'Expected Assists sur l'ensemble du tournoi s'élevait à seulement 0.01, un chiffre qui illustre à quel point le football d'élite l'a dépassé.
Des éclairs du passé, mais insuffisants
Il y eut des moments qui ravivèrent le souvenir du grand Ronaldo. Après son doublé lors de la victoire 5-0 contre l'Uzbekistan, il avait crié « Je suis de retour » face à la caméra. Mais cette prestation s'est révélée être une exception dans un été décevant.
L'Uzbekistan participait à sa première Coupe du Monde et n'avait encaissé plus de buts lors de la phase de groupes que l'Irak et la Tunisie, parmi les 48 équipes engagées. Le penalty transformé face à la Croatie lui a enfin offert un but en phase à élimination directe, mais alors que le match était indécis en prolongation, Roberto Martinez l'a quand même remplacé — ce qui aurait été impensable au sommet de sa carrière.
Portugal tourne la page
Portugal dispose désormais d'une occasion de se reconstruire. Goncalo Ramos, devenu la recrue la plus chère de l'histoire de l'AC Milan en plein Mondial, s'apprête à débuter une nouvelle ère en sélection en tant qu'héritier désigné du numéro 9 portugais.
L'ombre de Ronaldo planera encore longtemps sur l'équipe nationale. À l'approche de l'Euro 2028, le débat portera inévitablement sur la capacité du Portugal à avancer sans lui pour la première fois. Ramos — ou quiconque reprendra ce flambeau — devra répondre aux comparaisons avec l'icône pendant des années.
Ronaldo restera à jamais le capitaine qui a mené le Portugal au titre de l'Euro 2016. Ce Mondial ne définira pas sa carrière, mais il en fera partie. Ne jamais dépasser les quarts de finale d'une compétition remportée par Lionel Messi sera l'argument que l'on brandira contre lui dans le plus grand débat de l'ère moderne. Il n'en demeure pas moins, selon toute vraisemblance, le meilleur joueur à n'avoir jamais soulevé la Coupe du Monde.


