Mohamed Salah a finalement tenu sa promesse sur la plus grande scène du football ce dimanche, guidant l'Égypte vers sa première victoire en Coupe du monde en neuf tentatives — mettant fin à 92 ans d'attente qui avaient hanté le pays de génération en génération.
Les Pharaons avaient été ébranlés tôt dans le match quand la Nouvelle-Zélande a ouvert le score, mais le but de Salah à la 67e minute a donné l'avantage à l'Égypte avant qu'un coup de tête de Trezeguet, sur corner de Salah, ne scelle une victoire saluée par des célébrations explosives chez les supporters égyptiens du monde entier.
Un départ difficile, puis un moment de classe mondiale
Le tournoi n'avait pas été simple pour Salah. Une prestation décevante lors du match nul inaugural face à la Belgique, suivie d'une première mi-temps effacée contre les Kiwis, avaient ravivé les craintes que son cauchemar en Coupe du monde allait se prolonger.
Puis, dans un moment digne des plus grandes occasions, Salah s'est réveillé. Il a rejoint Lionel Messi, Kylian Mbappe, Erling Haaland et Harry Kane parmi les grands artisans du tournoi, rappelant au monde entier pourquoi il reste l'une des figures les plus célébrées du football mondial.
Le but de dimanche est le 68e de Salah en 118 sélections avec l'Égypte — à une longueur du record national absolu détenu par le sélectionneur Hossam Hassan lui-même.
Une histoire tourmentée sur la scène mondiale
Le poids de l'histoire derrière cette victoire est considérable. À la Coupe du monde 2018 en Russie, Salah avait dû lutter pour se remettre de la blessure à l'épaule subie lors de la défaite de Liverpool face au Real Madrid en finale de la UEFA Champions League, se contentant d'un rôle de remplaçant lors de la défaite inaugurale face à l'Uruguay. Son penalty contre la Russie n'avait été qu'une consolation dans une défaite 3-1, avant une humiliante élimination face à l'Arabie saoudite.
Les retombées avaient été amères. Salah avait publiquement accusé la fédération égyptienne de football de sabotage de la préparation, et des rapports avaient laissé entendre qu'il avait failli raccrocher avec l'équipe nationale. Quatre ans plus tard, l'Égypte avait échoué à se qualifier pour le Qatar 2022, aggravant la blessure.
Même avant le match de dimanche, le sélectionneur Hossam Hassan avait été contraint de démentir toute mésentente avec Salah après l'avoir substitué lors du match nul contre la Belgique.
Le fardeau d'une nation
Peu de joueurs portent les espoirs d'un pays comme Salah porte ceux de l'Égypte. Chacun de ses touches de balle est accueilli par des rugissements dans les tribunes, et son importance dépasse largement le cadre du football — le médecin de l'équipe nationale, le Dr Mohamed Aboud, a raconté avoir reçu des appels du ministre égyptien de la Santé lors de la blessure de Salah en finale de la Champions League 2018.
Malgré deux titres en Premier League avec Liverpool — en 2019-20 et 2024-25 — Salah n'a jamais soulevé un trophée pour son pays. La génération qui l'a précédé avait remporté trois Coupes d'Afrique des Nations consécutives entre 2006 et 2010 ; depuis lors, l'Égypte a essuyé des défaites en finale face au Cameroun en 2017 et face au Sénégal lors de l'édition 2021.
L'ancien entraîneur de Tottenham, Ange Postecoglou, interrogé par ITV, a salué l'apport de la star : « Si quelqu'un doutait encore de l'impact de Mo sur cette équipe, c'est désormais limpide. Cela va leur donner une confiance immense. Ils ont su faire face à l'adversité et leur grand joueur a répondu présent. »
L'ancien ailier jamaïcain Jobi McAnuff a ajouté : « Au moment où on avait le plus besoin de lui, Mo Salah a répondu à l'appel de son pays. »
Salah, lui, a savouré le moment avec sobriété : « C'est une grande réussite pour tous les joueurs. Une grande victoire. Une grande atmosphère. Le prochain match est très important. »



