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Les paris défensifs de Tuchel relancent le débat sur l'exclusion d'Alexander-Arnold
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Les paris défensifs de Tuchel relancent le débat sur l'exclusion d'Alexander-Arnold

avant-hier·2 min

La blessure au mollet de Tino Livramento lors d'une séance d'entraînement, qui a mis fin à sa participation au Mondial avant le premier match de groupe contre la Croatie à Dallas (21h00 BST), a mis en lumière la fragilité au cœur du dispositif défensif de Thomas Tuchel.

Trevoh Chalobah, de Chelsea, a été convoqué à sa place — une décision qui a relancé le débat sur le traitement réservé à Trent Alexander-Arnold et jeté une nouvelle lumière sur une défense que beaucoup considèrent comme la zone la plus instable de l'Angleterre à l'approche du tournoi.

Une défense construite sur des paris à hauts risques

La blessure de Livramento n'aurait pas dû surprendre totalement. L'arrière latéral de Newcastle United, capable d'évoluer sur les deux flancs, avait manqué la majeure partie de la fin de la saison dernière sur blessure à la cuisse, après avoir déjà été mis à l'écart pour des problèmes aux ischio-jambiers.

L'Angleterre ne dispose désormais que de trois latéraux naturels : le capitaine de Chelsea Reece James, Djed Spence de Tottenham Hotspur — lui aussi capable d'évoluer des deux côtés — et Nico O'Reilly de Manchester City, qui peut également jouer au milieu de terrain. Dan Burn de Newcastle, ainsi que Jarell Quansah et Ezri Konsa, peuvent dépanner en défense, mais les faire jouer dans des rôles inhabituels face à des attaquants de haut niveau dans un Mondial soulève de sérieuses inquiétudes.

John Stones, 32 ans, entame son sixième grand tournoi en tant que défenseur central le plus raffiné et le plus expérimenté d'Angleterre, et Tuchel lui voue une grande admiration. Pourtant, Stones n'a disputé que cinq matchs de Premier League la saison dernière en raison de blessures à répétition, et il a depuis quitté Manchester City. James, de son côté, n'a effectué que 20 titularisations en championnat la saison dernière, toujours gêné par ses ischio-jambiers. Ces deux joueurs restent des défenseurs de grande qualité, mais Tuchel devra gérer leur temps de jeu avec soin sous la chaleur étouffante américaine.

La convocation de Chalobah — 26 ans, à peine sa deuxième sélection après une défaite 3-1 contre le Sénégal à City Ground l'an dernier — est un pari audacieux sur un joueur encore peu expérimenté au niveau international. Elle illustre aussi la préférence marquée de Tuchel pour les défenseurs grands et physiques, ce qui laisse penser que Konsa d'Aston Villa sera aligné face à la Croatie devant Marc Guehi de Manchester City, et explique la présence de Burn, géant de 6 pieds 7 pouces (2,00 m) âgé de 34 ans, dont l'impact aérien sur les coups de pied arrêtés pourrait s'avérer précieux même s'il n'est pas destiné à être titulaire régulier.

L'exil d'Alexander-Arnold avec l'Angleterre se précise

Le choix de Tuchel de recruter un défenseur central plutôt qu'un latéral de même profil est peut-être le signal le plus clair à ce jour que Alexander-Arnold du Real Madrid n'a pas sa place dans les plans du sélectionneur.

L'exclusion remonte à août, lorsque Tuchel avait écarté Alexander-Arnold du groupe pour les qualifications au Mondial contre Andorre et la Serbie. Cela faisait suite à un match amical en juin contre Andorre, où Tuchel avait préféré Curtis Jones de Liverpool — un milieu central — au poste d'arrière droit face à l'un des joueurs les plus doués d'Angleterre.

Tuchel a été direct sur ses réserves, déclarant : "Si Alexander-Arnold veut avoir un impact dans la sélection anglaise, il doit prendre la partie défensive très, très au sérieux. Car en football de qualification, et a fortiori en tournoi, une erreur défensive, un moment d'inattention, peut être décisif. Ce peut être le moment où l'on fait sa valise et rentre chez soi."

Alexander-Arnold n'avait pas non plus été retenu dans le groupe de 35 joueurs réunis pour les matchs amicaux contre l'Uruguay et le Japon en mars — quand Tuchel cherchait pourtant des renforts, il avait préféré rappeler Ben White d'Arsenal, lequel n'était plus titulaire régulier en club et s'était lui-même mis à l'écart de la sélection depuis la Coupe du monde au Qatar en 2022.

Alexander-Arnold figurait bien dans la liste provisoire de 55 joueurs pour le Mondial, mais sa présence dans le groupe final de 26 n'était guère plus qu'une politesse. C'est un contraste saisissant avec la confiance que lui accordait Lee Carsley, le sélectionneur intérimaire, qui l'avait notamment aligné au poste d'arrière gauche lors d'une victoire 3-1 en Ligue des nations en Finlande en octobre 2024. Alexander-Arnold avait démarré 4 matchs sur 6 sous Carsley, contre aucun des 14 rencontres sous Tuchel.

Un Mondial pragmatique avant tout

Tuchel a résumé sa philosophie de sélection sans détour : "Nous essayons de sélectionner et de construire la meilleure équipe possible, ce qui ne signifie pas nécessairement choisir les 26 joueurs les plus talentueux. Ce sont les équipes qui gagnent les championnats."

Cela s'est traduit par des choix douloureux pour Luke Shaw de Manchester United, Lewis Hall de Newcastle ou encore le jeune Myles Lewis-Skelly d'Arsenal, dont la montée en puissance est arrivée trop tard. Harry Maguire de Manchester United avait même rompu le silence avant l'annonce officielle pour révéler son éviction, se disant "sous le choc et dévasté."

L'Angleterre devra également se préparer à des conditions extrêmes aux États-Unis, avec la possibilité d'affronter le Mexique co-organisateur en altitude à Mexico City en huitièmes de finale. Tuchel entend que son équipe soit prête sur tous les plans — physiquement autant que tactiquement — dans la quête du titre mondial.

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