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Les incohérences du VAR ternissent la Coupe du Monde et érodent la confiance
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Les incohérences du VAR ternissent la Coupe du Monde et érodent la confiance

il y a 1 heure·3 min

Une semaine après le coup d'envoi de la Coupe du Monde de la FIFA, le système d'assistance vidéo à l'arbitrage suscite davantage de polémique que de clarté. Supporters, entraîneurs et anciens arbitres peinent à comprendre pourquoi certains incidents déclenchent un examen et d'autres non — et le bilan de la semaine suggère qu'il n'existe aucune logique fiable.

Les chiffres derrière le débat

Statistiquement, le VAR à cette Coupe du Monde fonctionne à une fréquence comparable à celle de la Premier League. La première division anglaise a enregistré 0,29 intervention par match la saison dernière ; la Coupe du Monde affiche 0,28. Sur les décisions subjectives — où l'arbitre est invité à consulter le moniteur — la Premier League a atteint une moyenne de 0,15 par match, contre 0,17 pour la Coupe du Monde.

Comparez ces chiffres avec ceux de la UEFA Champions League, qui enregistre 0,47 interventions par match et 0,36 visites au moniteur par rencontre. L'UEFA applique une interprétation plus stricte de la règle de la main, laissant moins de place à la subjectivité et moins de raisons de laisser un incident sans suite. Il en résulte un plus grand volume d'interventions et, avec lui, une impression de cohérence plus forte chez les téléspectateurs.

Une semaine de décisions déconcertantes

Trois matchs en particulier ont suscité de vives critiques. D'abord, le sélectionneur du Ghana Carlo Queiroz a publiquement protesté après que son équipe s'est vu refuser un penalty contre England pour une faute d'Ezri Konsa sur Prince Kwabena Adu. Queiroz a déclaré que le VAR était "parti prendre un café". La rencontre s'est terminée 0-0 et de nombreux observateurs ont convenu que la faute était suffisamment grossière pour justifier au moins une consultation du moniteur.

Le lendemain, Brazil s'est vu refuser un but lors de sa victoire 3-0 contre Scotland, le VAR ayant estimé que Vinicius Jr avait commis une faute sur Jack Hendry. L'ancien arbitre assistant de Coupe du Monde Darren Cann, interrogé sur Match of the Day, n'était pas convaincu. "Il y a un petit contact avant que le ballon soit joué, mais je ne pense vraiment pas que ce soit une faute", a-t-il déclaré. Scotland, a-t-il ajouté, avait eu "un peu de chance".

La défaite 2-1 de Germany face à Ecuador a ensuite produit la séquence la plus débattue du tournoi. Le but d'ouverture de Leroy Sane a été accordé malgré le coup de pied d'Alexandar Pavlovic atteignant clairement la tête de Pedro Vite — un incident que beaucoup considéraient comme une intervention automatique du VAR. Le gardien Joe Hart, sur Match of the Day, a été direct : "Chaque joueur qui regarde cette Coupe du Monde en ce moment aurait vu cet incident et dit immédiatement : c'est mettre un adversaire en danger, c'est un coup de pied haut, c'est une faute. Je pense que c'est la mauvaise décision." Ellen White est allée plus loin : "Je suis choquée qu'il n'ait pas été revu et qu'il n'ait pas été annulé."

Quelques minutes plus tard, l'arbitre Tori Penso a accordé un penalty à Germany après que Kai Havertz est tombé sous un défi de Joel Ordonez. Cette fois, l'officiel VAR Joe Dickerson est intervenu — annulant le penalty après avoir identifié une faute de Sane sur Vite à la ligne médiane. Pris isolément, l'intervention avait une certaine logique. Placée à côté de l'échec précédent à agir sur le coup de pied de Pavlovic, elle paraissait profondément incohérente.

Un problème structurel sans solution facile

Le responsable des arbitres de la FIFA, Pierluigi Collina, a longtemps défendu un style de jeu fluide, affirmant que le football est un sport de contact et que tous les duels physiques ne sont pas des fautes. Lorsque les arbitres sur le terrain appliquent un seuil élevé, le VAR doit s'aligner — et le critère d'"erreur manifeste et évidente" devient d'autant plus difficile à atteindre.

La même tension a miné la Premier League pendant des années. "Interférence minimale pour un bénéfice maximal" était le principe fondateur du VAR lors de son introduction, mais il repose entièrement sur la capacité des arbitres à prendre des décisions justes en temps réel. Lorsque ce n'est pas le cas, le champ d'action limité du VAR laisse des erreurs flagrantes sans correction.

France a elle aussi subi les effets de cette incohérence : le VAR a recommandé un penalty pour une faute de Sadio Mane sur Kylian Mbappe, mais l'arbitre sur le terrain l'a refusé — un détail qui a surpris de nombreux observateurs. Collina et son équipe de 30 arbitres vidéo, opérant depuis une base à Dallas, font face à une pression croissante pour établir un standard cohérent avant que le tournoi n'atteigne ses phases décisives.

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