L'Allemagne qui marque sept buts, Lionel Messi à la poursuite d'une deuxième médaille de champion du monde, Cristiano Ronaldo sous pression — les récits s'enchaînent déjà. Mais quiconque a regardé suffisamment de Coupes du Monde le sait : le tournoi a le don de ridiculiser les trop confiants.
Coupe du Monde 2026 : Pourquoi il est trop tôt pour couronner les favoris ou enterrer les outsiders

L'Allemagne qui marque sept buts, Lionel Messi à la poursuite d'une deuxième médaille de champion du monde, Cristiano Ronaldo sous pression — les récits s'enchaînent déjà. Mais quiconque a regardé suffisamment de Coupes du Monde le sait : le tournoi a le don de ridiculiser les trop confiants.
Alors que la phase de groupes de 2026 se déroule encore, et que le nombre d'équipes n'a pas encore été réduit de 48 à 32 pour les phases éliminatoires, l'histoire de cet été reste largement à écrire.
La leçon la plus importante de l'histoire
Le rappel le plus puissant de l'imprévisibilité de la Coupe du Monde est venu au Qatar en 2022, lorsque les champions en titre, l'Argentine, ont été battus par l'Arabie saoudite dès leur premier match. L'Espagne avait subi un choc similaire en 2010, s'inclinant face à la Suisse avant de soulever le trophée à Johannesburg. Deux des quatre derniers vainqueurs de la Coupe du Monde ont donc perdu leur premier match.
Ce n'est pas une anecdote — c'est une vérité fondamentale sur le fonctionnement de cette compétition. Les équipes évoluent, les entraîneurs s'adaptent, et des joueurs qui n'étaient pas même dans le onze de départ le premier jour peuvent finir par être les figures décisives en finale.
Les joueurs qui ont émergé en cours de route
En 2022, Alexis Mac Allister n'avait pas démarré le premier match de l'Argentine. Dès le troisième match, il était élu homme du match — la même rencontre au cours de laquelle Enzo Fernandez et Julian Alvarez ont effectué leur première apparition dans le onze de départ. Ces trois joueurs ont été au cœur du triomphe final de l'Argentine.
Les champions d'Espagne en 2010 ont découvert en cours de tournoi qu'ils avaient besoin des courses dans le dos de la défense de Pedro pour étirer les adversaires, ce qui a obligé David Silva à céder sa place. L'équipe qui a soulevé le trophée à Johannesburg était sensiblement différente de celle qui avait ouvert le tournoi.
Aucune histoire n'illustre peut-être mieux ce phénomène que celle de Sir Geoff Hurst, qui n'a participé à la compétition qu'à partir des quarts de finale en 1966, remplaçant le blessé Jimmy Greaves. Depuis le Brésil de 1970, aucune équipe championne du monde n'a aligné une composition identique du premier au dernier match.
Rotations, formations et réinventions
L'Allemagne de l'Ouest en 1974 a fait entrer Rainer Bonhof, qui a délivré la passe décisive sur le but de la victoire en finale. L'Argentine a changé ses deux ailiers quatre ans plus tard, avec Daniel Bertoni parmi les nouvelles têtes — et c'est lui qui a inscrit le but du 3-1 en finale contre les Pays-Bas.
L'Italie de 1982 avait entamé le tournoi sans remporter le moindre match dans la première phase de groupes, et pourtant Paolo Rossi est reparti avec le Soulier d'or et le Ballon d'or, sans avoir marqué lors des quatre premiers matchs des Azzurri. Thierry Henry a inscrit trois buts lors des deux premiers matchs de la France en 1998 — avant de regarder la finale comme remplaçant non utilisé.
Mario Gotze a démarré le premier match de l'Allemagne en 2014 avant de se retrouver sur le banc pour la finale contre l'Argentine — mais il est entré en jeu pour inscrire le but vainqueur en prolongation. Le tournoi avait, une fois de plus, réécrit son propre scénario.


