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Le VAR à la Coupe du Monde semble plus discret qu'en Premier League — mais les chiffres racontent autre chose
Coupe du Monde 2026

Le VAR à la Coupe du Monde semble plus discret qu'en Premier League — mais les chiffres racontent autre chose

il y a 1 heure·4 min

La frustration autour du recours à l'arbitre vidéo (VAR) est devenue l'une des caractéristiques les plus marquantes de la Premier League. Pourtant, à la Coupe du Monde 2026, la technologie a à peine alimenté le débat. Paradoxalement, les données révèlent que le nombre d'interventions VAR par match est plus élevé lors de cette Coupe du Monde qu'en Premier League la saison dernière.

Pourquoi la Coupe du Monde semble différente

Le rythme effréné d'une Coupe du Monde joue un rôle majeur. Les matchs s'enchaînent à toute vitesse, et chaque moment litigieux est vite oublié au profit de la rencontre suivante. En Premier League, les supporters, profondément attachés à leur club, font durer les controverses bien plus longtemps.

Il existe aussi une raison structurelle derrière cette relative sérénité. En moyenne, un match de Coupe du Monde ne génère qu'un seul incident clé — un carton rouge ou une réclamation de penalty. En Premier League, ce chiffre monte à trois par match. Moins d'incidents, c'est moins de points de friction.

Les joueurs eux-mêmes y contribuent. Dans un grand tournoi où tout est en jeu, les athlètes prennent moins de risques que lors d'une saison de 38 matchs. Le jeu devient naturellement plus posé.

La philosophie de Collina — et ses ressemblances avec la Premier League

Pierluigi Collina, responsable de l'arbitrage à la FIFA, a délibérément façonné la culture arbitrale du tournoi. Il est convaincu que le football est un sport de contact, et que tout contact ne mérite pas d'être sifflé. Il souhaite des matchs rapides et fluides — un discours qui aurait pu être tiré mot pour mot du règlement de la Premier League.

Le nombre de fautes le confirme. La Coupe du Monde 2018 affichait une moyenne de 27 fautes par match ; au Qatar en 2022, c'était 25. Ce tournoi est descendu à 21,7 — quasiment identique aux 21,6 de la Premier League la saison dernière. Les avertissements ont également chuté fortement, avec une moyenne de seulement 2,4 par match, le plus bas de toute compétition majeure ou Coupe du Monde récente.

Le seuil d'exigence élevé de Collina pour les duels physiques a une incidence directe sur le VAR. Moins de fautes sifflées, c'est moins de raisons de déclencher une vérification vidéo. Les deux doivent évoluer de concert. Cela explique pourquoi des réclamations de penalty comme celles impliquant John McGinn et Scott McTominay, de l'Écosse, face au Maroc, ont été écartées — des demandes plausibles, mais en dessous du seuil fixé par Collina.

Les chiffres du VAR à la loupe

La Premier League affiche déjà le taux d'interventions VAR le plus bas du football européen, à 0,29 par match. Au Qatar en 2022, ce chiffre était de 0,41. Lors de cette Coupe du Monde, il est redescendu à 0,33 — se rapprochant ainsi de la Premier League. La UEFA Champions League, en revanche, a enregistré 0,47 interventions par match la saison dernière — presque une tous les deux matchs.

Les revues subjectives — celles où l'arbitre doit se rendre au moniteur de bord de touche — se rejoignent également. La Coupe du Monde et la Premier League sont toutes deux à 0,15 par match. La Champions League dépasse le double avec 0,36.

La rapidité et la mise en scène changent tout

Même lorsque les chiffres s'alignent, la perception diverge nettement. Collina a poussé ses arbitres vidéo à rendre des décisions rapides et tranchées plutôt que de s'attarder sur d'interminables ralentis. Des décisions rapides laissent moins de place au doute. Cette approche a tenu pour l'essentiel du tournoi — jusqu'à ce qu'une vérification pour accorder un penalty à l'Argentine contre l'Autriche s'étire sur trois minutes 40 secondes.

Les choix de diffusion façonnent également l'expérience du téléspectateur. La FIFA limite strictement le nombre de répétitions d'un incident pendant une vérification VAR, et l'écran du moniteur de bord de touche n'est montré que si l'arbitre de champ l'utilise effectivement. En Premier League, Sky Sports et TNT Sports décortiquent chaque angle, ralentissent les images et font appel aux consultants — le tout alors que les commentateurs disposent d'un flux audio-visuel en direct depuis le centre VAR.

La technologie de hors-jeu semi-automatisée améliorée de la FIFA a apporté une couche supplémentaire de sérénité. Lorsqu'un joueur est à 10 cm ou plus hors-jeu, l'arbitre assistant reçoit une alerte audio automatique, éliminant la nécessité d'un drapeau différé et réduisant la fréquence des contrôles VAR liés aux hors-jeux. Un bug lors du match Espagne contre Arabie Saoudite a provoqué un délai de trois minutes lorsque le système a confondu deux joueurs, mais le bénéfice global a été évident.

La leçon plus large est double : la précision reste la priorité, mais la rapidité est la qualité qui détermine si le VAR semble être une aide ou un fardeau. Et la façon dont la technologie est présentée aux téléspectateurs peut compter autant que ce qu'elle fait réellement.

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