Une saga de cinq heures et demie, faite de confusion, de colère et de volte-face de dernière minute, a secoué le huitième de finale de la Coupe du Monde entre l'Angleterre et le Mexique ce vendredi — pour finalement revenir au point de départ.
Le match à l'Azteca, à Mexico, se déroulera bien à 18h00, heure locale, dimanche — soit 01h00 BST lundi matin — obligeant les supporters anglais à veiller tard pour le suivre en direct sur BBC One et iPlayer.
Comment le chaos s'est installé
Les premières informations ont émergé vers 18h30 BST, relayées par des journalistes mexicains : la FIFA envisageait d'avancer le coup d'envoi de six heures, à 12h00 heure locale. La raison invoquée ? Des prévisions orageuses autour de l'Azteca à l'heure originale, avec risques d'éclairs et d'inondations.
La Football Association a d'abord été tenue dans l'ignorance. Lorsque les journalistes de BBC Sport ont commencé à poser des questions, la FA n'était au courant d'aucun changement de calendrier. Dans les coulisses, des sources indiquaient qu'une annonce officielle de la FIFA était imminente.
Les joueurs anglais achevaient un entraînement ouvert à Kansas City quand l'information a éclaté. Morgan Rogers et Marcus Rashford ont pris la parole face aux médias avec calme, affirmant qu'un éventuel changement n'affecterait pas leur préparation. Vers 21h30 BST, le groupe a embarqué dans leur vol charter pour Mexico — sans savoir à quelle heure se jouerait le match.
La colère des deux camps
Ni la Football Association ni la fédération mexicaine n'ont accueilli la nouvelle favorablement. Les deux instances ont exprimé leur mécontentement face à une modification proposée moins de 48 heures avant le coup d'envoi, invoquant l'impact sur le déplacement des supporters, les contraintes logistiques et les préparatifs des équipes.
Le sélectionneur du Mexique, Javier Aguirre, en conférence de presse à Mexico, a qualifié la proposition de « coup dans le ventre ».
Le revirement de la FIFA
Peu avant minuit BST, des sources ont confirmé à BBC Sport que la FIFA revenait sur sa décision : le coup d'envoi resterait à l'heure prévue. Parmi les facteurs déterminants figuraient les conséquences pour les supporters — notamment les 3 000 membres de l'England Supporters' Travel Club titulaires de billets, dont certains arrivaient à Mexico par des vols matinaux depuis Atlanta — ainsi que la difficulté de repousser le match Brésil-Norvège, prévu à 21h00 BST le même jour, pour éviter un chevauchement.
La météo et l'altitude restent des enjeux
Selon Ben Rich, présentateur météo principal de la BBC, le risque d'orages violents est particulièrement élevé ce dimanche à Mexico. Des creux de pression dans les couches moyennes et supérieures de l'atmosphère rendront l'air très instable, favorisant la formation de cumulonimbus générateurs d'éclairs et même de grêle en fin d'après-midi.
Le Dr Barney Wainwright, chercheur à l'université Leeds Beckett, rappelle par ailleurs que l'altitude réduit la capacité aérobie maximale d'environ 10 %. Il souligne également qu'une chaleur plus élevée en milieu de journée aurait pu aggraver cet effet, cumulant les contraintes pour les joueurs des deux équipes.



