Lorsque Haïti foulera la pelouse pour affronter le Brésil lors de la FIFA Coupe du Monde 2026, l'enjeu dépassera largement le cadre du football. Cette rencontre est chargée d'histoire, d'identité et d'allégeances complexes — et pour de nombreux Haïtiens, le cœur ne sera peut-être pas du côté de leur propre équipe nationale.
La campagne de Haïti au Mondial a débuté par une défaite face à l'Écosse lors de leur premier match de groupe, les plaçant dans une situation urgente en quête de points. Un match contre le Brésil — l'équipe la plus célébrée de l'histoire de la compétition — représente l'épreuve la plus difficile qui soit.
Une nation divisée dans ses allégeances
Le journaliste Pierre Richard Midy, s'exprimant pour More than the Score sur BBC World Service, explique que l'histoire du football en Haïti est profondément liée à celle du Brésil. Ce lien est si fort qu'une grande partie du public haïtien soutient le Brésil avec plus de ferveur que sa propre équipe nationale.
Au cœur de ce lien se trouve l'héritage de Pelé, devenu une figure vénérée en Haïti — une icône du football dont l'influence a marqué des générations de supporters et de joueurs dans le pays.
Duckens Nazon, meilleur buteur de l'histoire de Haïti, est parfaitement conscient du défi que son équipe doit relever en dehors du terrain autant que sur celui-ci. Il a exprimé l'espoir qu'une belle performance — voire un résultat historique — puisse rallier les supporters haïtiens du Brésil et unir le pays derrière Les Grenadiers.
Suivre le Mondial dans des conditions difficiles
Pour de nombreux Haïtiens, regarder le tournoi représente déjà un défi en soi. L'approvisionnement en électricité dans le pays reste extrêmement limité, obligeant les supporters à faire des efforts considérables pour suivre les matchs.
Midy soulève également un point plus large : le football, aussi revigorant soit-il, ne peut pas résoudre la violence des gangs qui continue de dévaster les communautés à travers Haïti. « Haïti a besoin de bien plus que la Coupe du Monde », affirme-t-il.
Au-delà d'Haïti même, la chanteuse Nathalie Cerin a partagé avec le journaliste John Bennett de la BBC ce que représente l'expérience de suivre Haïti au Mondial pour la diaspora haïtienne établie à Philadelphie — une communauté qui vit cette compétition avec une intensité particulière, entre fierté et nostalgie.



