La FIFA World Cup 2026 n'en est qu'à ses débuts, et les arbitres naviguent déjà dans un labyrinthe de nouvelles règles — dont au moins une semble avoir été mal appliquée lors d'un match très médiatisé.
La décision du VAR sur la simulation en Coupe du monde était incorrecte malgré les apparences

La FIFA World Cup 2026 n'en est qu'à ses débuts, et les arbitres naviguent déjà dans un labyrinthe de nouvelles règles — dont au moins une semble avoir été mal appliquée lors d'un match très médiatisé.
La controverse autour du carton jaune d'Almiron
En seconde période du match entre les United States et le Paraguay, l'arbitre néerlandais Danny Makkelie a interrompu le jeu après que le capitaine américain Tim Ream avait reçu un carton jaune pour une prétendue faute sur le milieu paraguayen Miguel Almiron. L'arbitre vidéo (VAR) espagnol Carlos del Cerro Grande a invité Makkelie à consulter le moniteur au bord du terrain.
Après visionnage, il est apparu clairement qu'Almiron n'avait pas été touché. Makkelie a annulé le carton à l'encontre de Ream et a plutôt sanctionné l'ancien joueur de Newcastle pour simulation. De nombreux téléspectateurs ont salué l'intervention, le commentateur de BBC Danny Murphy la qualifiant de « bonne décision ».
Cependant, des sources bien informées ont confié à BBC Sport que la décision était, en réalité, contraire aux règles en vigueur — même si elle semblait justifiée.
Pourquoi la décision semble erronée
Le changement de règle concerné, introduit par l'International Football Association Board (Ifab), porte sur la « confusion d'identité » — les situations où l'arbitre a clairement sanctionné le mauvais joueur pour la même infraction. L'exemple à l'origine de cette règle remonte à l'Euro 2016, quand Laurent Koscielny, de France, avait été sanctionné pour un handball en réalité commis par l'attaquant de Portugal, Eder. Même infraction, mauvais joueur.
Dans le match United States contre Paraguay, les infractions étaient pourtant totalement différentes : Ream a d'abord été sanctionné pour une faute, tandis qu'Almiron a ensuite reçu un carton pour simulation. Ce sont deux infractions distinctes, ce qui signifie que la règle de confusion d'identité a vraisemblablement été mal utilisée.
La situation est aggravée par le protocole VAR, qui stipule qu'une révision ne peut avoir lieu après la reprise intentionnelle du jeu — or Makkelie avait déjà relancé le match avec un coup franc pour le Paraguay avant que la révision ne soit initiée. La FIFA n'a pas encore officiellement clarifié la situation.
Trop de nouvelles règles à la fois ?
Le responsable des arbitres, Pierluigi Collina, n'avait, au cours de six mois de réunions d'avant-tournoi, à aucun moment évoqué la simulation comme scénario couvert par la règle de confusion d'identité. Les critiques soutiennent que le volume considérable de nouvelles règles introduites pour cette Coupe du monde a engendré autant de confusion que de clarté.
L'ancien défenseur anglais Phil Jagielka a compris l'intention derrière la décision : « Si quelque chose comme ça se produit, où il n'y a manifestement pas eu de contact et que c'était une simulation, pourquoi ne pas revenir dessus ? » a-t-il déclaré à BBC Sport. Mais il a aussi reconnu la complexité : « Que se passe-t-il si je te touche légèrement et que tu plonges ensuite ? On ne peut pas l'annuler, parce que je t'ai touché, même si mon contact n'a pas suffi à te faire tomber. Où trace-t-on la limite ? »
Les pauses hydratation divisent les opinions
Une autre nouvelle mesure qui suscite le débat est la pause hydratation obligatoire de trois minutes, instaurée par la FIFA quelle que soit la météo. L'entraîneur des United States, Mauricio Pochettino, a été direct dans son jugement avant la victoire 4-1 de son équipe face au Paraguay à Los Angeles : « Je n'aime pas ça. Je ne l'apprécie que lorsque les conditions sont extrêmes, mais quand elles sont bonnes, c'est inutile. »
Jagielka, lui, y voit un avantage tactique. « Ces trois minutes peuvent être décisives », a-t-il dit. « Si ton équipe ne se porte pas bien dans un stade bruyant, il est presque impossible de faire passer des consignes. Tu pourrais littéralement retourner le match pendant cette pause. » Les entraîneurs peuvent utiliser des appareils électroniques pendant l'interruption à des fins de bien-être des joueurs ou de tactique, bien que les diffuseurs aient également été critiqués pour avoir diffusé des publicités durant ces arrêts.
La règle des cinq secondes pour les remises en jeu
Les supporters s'adaptent également à une règle des cinq secondes pour les touches, conçue pour décourager la perte de temps. Elle s'ajoute à la règle des huit secondes pour les gardiens — en vigueur depuis août 2025 — dans le cadre d'un effort plus large pour accélérer le jeu. Plusieurs joueurs ont déjà été pris en défaut par la nouvelle restriction sur les remises en jeu, ce qui laisse penser que la courbe d'apprentissage du règlement de cette Coupe du monde est plus exigeante que d'habitude.


