Steve Fletcher, l'une des figures les plus aimées de Bournemouth, s'est confié sur ce que représente pour lui le fait de voir le club disputer une compétition européenne pour la toute première fois — et il ne cache pas que l'émotion pourrait le faire pleurer.
Les Cherries se rendent à San Sebastián pour affronter Real Sociedad en UEFA Europa League jeudi, marquant un moment historique pour un club dont le parcours des divisions inférieures du football anglais jusqu'à la scène continentale est remarquable.
Une saison qui a failli dérailler
La quête d'une place européenne par Bournemouth semblait vaciller en début d'année. L'équipe du manager Andoni Iraola avait enchaîné 11 matches de championnat sans victoire, une série remontant jusqu'en octobre.
Le tournant est arrivé de façon spectaculaire. Antoine Semenyo a frappé à la 95e minute pour sceller une victoire 3-2 contre Tottenham — un but rendu encore plus mémorable car il est intervenu deux jours seulement avant que le joueur ne finalise son transfert à Manchester City. À partir de cette nuit-là, Bournemouth est devenu inarrêtable, restant invaincu jusqu'à la fin de la saison pour décrocher la sixième place et une qualification en Europa League.
Fletcher se souvient d'une fin de saison inoubliable
Fletcher, associé à Bournemouth de façon quasi continue depuis 1992, a confié à FourFourTwo que le but de Semenyo a été le déclic dont l'équipe avait besoin.
"C'était une nuit incroyable. On ne pouvait pas l'écrire comme ça, qu'il marque ce but. C'était un tel soulagement de gagner, parce qu'on n'avait pas gagné depuis longtemps. Mais même avant ça, malgré l'absence de victoires, nos performances s'amélioraient."
Fletcher a également souligné l'état d'esprit admirable des joueurs après le départ de Semenyo. "Les garçons étaient incroyables quand Antoine est parti. On était tellement contents pour lui car il méritait sa grande opportunité — les gars ont compris qu'ils devaient hausser leur niveau et on pouvait déjà le voir dans les performances."
La concentration et la sérénité du groupe ont été des facteurs déterminants selon lui. "On est entré dans chaque match en pensant qu'on pouvait prendre les trois points parce que l'équipe débordait de confiance. On a très bien su garder le calme dans le vestiaire. Dans les trois derniers matches, on savait ce qu'on avait à faire. On a en fait mieux performé sous pression."
L'émotion d'une première européenne
Terminer à une place qualificative pour l'Europa League a pris du temps à se matérialiser dans l'esprit de Fletcher. "Je ne pense pas que ça a vraiment pris sens avant quelques jours plus tard, quand j'ai commencé à sortir dans les rues, dans les supermarchés et les restaurants, et que les gens venaient me parler. L'ampleur de ce qu'a accompli ce club et cette équipe vivra à jamais."
Et pour la grande première européenne face à Real Sociedad ? "Il y aura beaucoup d'émotion quand on jouera ce premier match en Europe. Personnellement, je verserai probablement une larme et j'essaierai de savourer ce moment autant que possible."



