Mariano Rajoy, l'ancien Premier ministre espagnol, fait face à une vague de condamnations de la part de responsables politiques français après avoir affirmé dans une chronique que l'équipe de France ne comptait aucun joueur français — des propos qualifiés de racistes de part et d'autre de la frontière.
Rajoy, qui a dirigé l'Espagne de 2011 à 2018, a écrit ces mots dans un article publié le 10 juillet dans le média espagnol El Debate, à l'occasion du match de demi-finale de la Coupe du Monde FIFA 2026 entre la France et l'Espagne.
"Ils sont actuellement classés numéro un au classement FIFA. Ils ont également un effectif de haut niveau. Cela dit, ils n'ont aucun joueur français, et ils jouent très bien", a-t-il écrit.
Des ministres français montent au créneau
Le ministre de l'Intérieur français Laurent Nunez a répondu dimanche en qualifiant les propos de Rajoy d'"absolument inacceptables" sur BFM TV, ajoutant : "Ce n'est pas du tout ce qu'est la France. La France est un pays de diversité où chacun peut s'épanouir et trouver sa place."
Le leader du Parti socialiste Olivier Faure a répliqué sur les réseaux sociaux : "L'équipe de France est composée uniquement de Français. La France n'est pas une nation ethnique ; elle n'a pas de couleur de peau ni de religion. C'est une nation politique unie autour de la devise républicaine. Au grand dam de la droite raciste."
Naima Moutchou, ministre des Outre-mer, a également dénoncé les propos de Rajoy : "Après chaque victoire de la France, les mêmes obsessions et insultes racistes refont surface. Ce ne sont pas des dérapages. C'est une haine méthodique et normalisée de la France et de ce qu'elle représente." Elle a en outre appelé la Fédération Française de Football (FFF) à engager des poursuites judiciaires.
L'ambassade et la presse françaises répondent
L'ambassade de France à Madrid a publié un communiqué dimanche : "Sans vouloir entrer dans une polémique, il convient de rappeler les faits : tous les joueurs de l'équipe nationale française sont français. Sur les 26 joueurs, 23 sont nés en France. Les trois nés à l'étranger sont également français."
Le quotidien Le Monde a publié un éditorial qualifiant les propos de Rajoy de "racistes", précisant : "Depuis le début du tournoi, l'équipe nationale française a été la cible de plusieurs attaques racistes."
Des critiques en Espagne et une polémique paraguayenne
Les propos de Rajoy ont également suscité des critiques en Espagne. Le ministre des Transports Oscar Puente l'a qualifié d'"idiot post-franquiste" et a remis en question sa réputation de "modéré".
Cette controverse survient alors que le Sénat paraguayen a adopté une motion condamnant les "expressions discriminatoires et racistes" de la sénatrice Celeste Amarilla envers le capitaine de France Kylian Mbappe. Amarilla avait traité Mbappe, 61 ans, de "Camerounais colonisé" après le huitième de finale de la Coupe du Monde FIFA 2026 entre les deux nations le 4 juillet. Mbappe avait qualifié ces propos de "méprisables" et de "racistes".


